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Texte de Christiane Laforge

Lu à la présentation de Jean Désy

au Gala de l’Ordre du Bleuet, le 3 juin 2017



Alors qu’il multiplie les livres pour y dire la vie et l’amour, partageant ses propres expériences, à la fois médecin et poète, écrivain et enseignant, Jean Désy nous laisse sans mots quand il s’agit de le décrire. Nomade sans âge, amoureux fou du Grand Nord dont il est le chantre incontournable, il est un paradoxe que nul n’a envie d’élucider afin d’en préserver tout son charisme et sa poésie.


Né à Kénogami le 7 mars 1954, fils de Germain Désy, ouvrier et de Madeleine Gagnon native de Port-Alfred, il grandit à Québec. Cependant, chaque année, les grandes vacances le ramènent à sa terre natale, le temps de raviver ses racines au sel des eaux du fjord et au bleu du fruit sauvage. Parallèlement, auprès des scouts, il nourrit un besoin impérieux de vivre dans la nature plutôt que dans les villes. Le nomade rêve de la blancheur nordique, l’idéaliste souhaite combattre le côté sombre de la maladie par la médecine. Il confie : « La médecine est un lieu mythique, elle appelle ceux qui veulent aider, elle répond à l'idéalisme. Mais c'est facile d'être happé par elle. »


Pourquoi se limiter? Il ne renoncera à aucune de ses passions. Pétri de ses lectures, Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry, Le prophète de Khalil Gibran et Jonathan Livingston le goéland de Richard Bach à l’adolescence pour aborder plus tard un répertoire très vaste. « J’ai ensuite plongé dans les eaux de la littérature, avalant tout Saint-Exupéry, tout Camus, tout Hesse, tout Kundera, tout Kazantzaki et tout Garcia-Marquez. J’ai pu apprécier certains textes remarquables d’Yves Thériault, dont Agaguk et Les temps du Carcajou, plusieurs romans de Gabrielle Roy, dont Ces enfants de ma vie, qui m’a ému à l’os, et surtout, surtout, le recueil de poésie que j’ai le plus souvent relu dans ma vie : Regards et jeux dans l’espace d’Hector de Saint-Denys Garneau. » S’ajoutent Gaston Bachelard, Sigmund Freud, Carl Gustav Jung, Georges Steiner et Simone Weil. Et plus encore Dostoïevski qui le fascine dans Crime et châtiment, Les frères Karamazov, Les possédés et L’idiot.


Lecteur passionné qui se laisse envahir par l’esprit et la puissance des mots, il raconte : « J'ai commencé à vouloir écrire après mon cours de médecine, quand j'ai fait face à l'absurdité de la souffrance et de la mort. » Pour preuve, il dira : « S’il y a un auteur qui m’a lancé sur la mer, c’est bien Bernard Moitessier avec Cap Horn à la voile et La longue route. S’il y a quelqu’un qui m’a donné l’envie des déserts, c’est Théodore Monod et son Chercheur d’absolu. S’il y a un écrivain qui m’a parlé le mieux de la très haute montagne, c’est Maurice Herzog [alpiniste et auteur du récit Annapurna premier 8000] ».


Docteur en médecine depuis 1978, Jean Désy a été généraliste sur la Côte-Nord pendant 7 ans, urgentiste à Loretville et professeur en médecine à l’Université Laval. Il a fait une maîtrise en philosophie et un doctorat en littérature en 1990. Enseignant pendant quatre ans au Cégep de Sainte-Foy, il est aussi professeur en Lettres à l’Université de Laval tout en pratiquant la médecine comme « dépanneur » auprès des Cris de la Baie-James et du Eeyou Istchee. Il est également parrain auprès de jeunes auteurs de l’Union des écrivains québécois.


L’homme devenu doit beaucoup à son mentor, Louis-Edmond Hamelin (géographe de la nordicité, linguiste et petit-cousin de sa mère). Parmi les êtres qui l’ont marqué il nomme Maurice Émond, professeur de littérature et directeur de sa maîtrise sur la rêverie du froid et de sa thèse, ainsi que Thomas de Koninck, professeur à la faculté de philosophie, croyant et humaniste.


Jean Désy parle volontiers de ce qu’il a reçu, plus discret sur les décennies au cours desquelles il s’est généreusement donné comme médecin, comme enseignant et comme auteur de plus de 35 œuvres romanesques et poétiques. De nombreux prix lui ont été attribués : le Prix de création du Conseil de la culture de Québec pour le recueil Urgences, récits et anecdotes, le prix Intérêt général du Salon du livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour l’essai La Rêverie du froid, qui lui accordera aussi le prix de Fiction pour Docteur Wincot et prix du Récit pour Au Nord de nos vies. S’ajoutent le prix Communication et société du Salon du livre de l'Outaouais pour Âme, foi et poésie et le prix des Écrivains francophones d'Amérique pour son recueil Toundra/tundra. En 2013 Le Salon du livre du Saguenay–Lac Saint-Jean lui rend hommage et, en 2016, à l’occasion de la Journée mondiale de la poésie, Jean Désy reçoit le prix Jean-Noël-Pontbriand décerné par le Bureau des affaires poétiques de Québec. Ce prix veut souligner « l’apport exceptionnel d’une personne du milieu de la poésie dans la grande région de Québec ».


Père de 4 enfants, ses fils Jean-François et Michel, tous deux ingénieurs, ses filles Marie-Noëlle, professeur de français et Isabelle qui enseigne la musique au primaire, s’inscrivent dans l’amour qu’il décrit dans ses livres. « Faire tant de choix... tout prendre. Se laisser aller dans un tourbillon. Mais comprendre qu'on risque d'entraîner les autres dans ce tourbillon. » Il y a un prix à payer pour celui qui s'abandonne à la passion, que ce soit celle d'un lieu, d'un être ou d'un geste comme celui de l'écriture. Mais, à le lire, on a surtout le sentiment qu’il y a davantage de bonheur.

Laissons-lui le dernier mot, extrait de Vivre ne suffit pas. « J'ai à tout moment remis en question ma place dans le monde en tant qu'écrivain, sachant que par-delà les mots qui disent la beauté du monde, il y a la beauté elle-même et que les mots ne peuvent suffire. Les mots ne sont que les manifestants de la beauté du monde. Ils servent à transmettre l'idée, puis la réalité de la beauté du monde. Les mots et le langage ne sont pas premiers; c'est l'amour et la vie amoureuse des êtres qui importent. Après, après seulement, la poésie peut prendre la place qui lui revient. J'ai cependant accepté de jouer le jeu de ma vie parce que ma parole peut voguer, à travers la parole des autres. C'est pourquoi j'écris. »



Le 3 juin 2017


JEAN DÉSY


Écrivain et médecin

Poète, romancier, humaniste, amoureux du Grand Nord

Pour une œuvre littéraire exceptionnelle



fut reçu Membre de l’Ordre du Bleuet

dimanche 4 juin 2017

REÇU MEMBRE DE L'ORDRE DU BLEUET, JEAN DÉSY REND HOMMAGE À SON TOUR


Jean Désy, Membre de l'Ordre du Bleuet


S’adressant au président de l’Ordre du Bleuet et à son équipe Jean Désy lui a fait part de son appréciation.

Voici un extrait de sa lettre :


Cher Monsieur Bonneau

Je tiens à vous remercier pour cette organisation, pour ce gala, j'aimerais que vous transmettiez aux gens autour de vous tous mes remerciements. 

J'ai été soufflé par le professionnalisme et la qualité des propos tenus hier, à l'auditorium (salle Michel-Côté d’Alma), de ces montages vidéos, de l'ensemble de la cérémonie qui, me semble-t-il, se voulait d'abord un hommage aux arts et à tous les artistes de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. 

Je ne savais pas à quoi m'attendre. Je vous avoue que je ne suis jamais très enthousiaste devant les cérémonies "d'honneur". Mais j'ai été conquis par ce que j'ai vu, entendu, et par la qualité des gens rencontrés.

Jean Désy

dimanche 14 mai 2017

SE SOUVENIR DE JEAN DÉSY



Un diaporama

pour se souvenir de

JEAN DÉSY

à venir après le gala du 3 juin 2017
        

POURQUOI L'ORDRE DU BLEUET

L'intensité et la qualité de la vie culturelle et artistique au Saguenay-Lac-Saint-Jean est reconnue bien au-delà de nos frontières. Nos artistes, par leur talent, sont devenus les ambassadeurs d'une terre féconde où cohabitent avec succès toutes les disciplines artistiques. Cet extraordinaire héritage nous le devons à de nombreuses personnes qui ont contribué à l'éclosion, à la formation et au rayonnement de nos artistes et créateurs. La Société de l'Ordre du Bleuet a été fondée pour leurs rendre hommage.La grandeur d'une société se mesure par la diversité et la qualité de ses institutions culturelles. Mais et surtout par sa volonté à reconnaître l'excellence du parcours de ceux et celles qui en sont issus.